( 15 octobre, 2012 )

Chapitre 11

Chapitre 11                   

Mon verre d’hydromel à la main, je sentais que mes joues reprenaient un peu de couleur. Malgré un mal de tête persistant, je me sentais plutôt bien … Le visage de Vicky était loin d’être aussi serein que le mien.

-          J’ai l’impression que tu viens de voir un fantôme Vicky…

-          Plus ou moins, disons que je m’inquiète pour toi… Quelque chose prend le contrôle sur toi et je ne sais pas si c’est positif ou négatif

-          Ah…

-          Tu as l’air septique ?

Septique, est-ce que je peux continuer à l’être alors que  tout aujourd’hui m’amène à des histoires d’un autre temps, que je ressens de plus en plus l’énergie qui nous entoure ? Je me sens comme appelée…

-Qui est donc cette demoiselle qui à besoin de mon aide ? C’est plutôt là que se situe mon scepticisme. Si tu veux mon avis, elle n’a pas frappée à la bonne porte

- Ca, Lounne je pense que tu te trompes, il y a en toi une force, force lumineuse, et je pense que cette fille qui te demande tu la connais, qu’en toi tu as les réponses.

- Tu penses que c’est une de mes vies passées ?

- Très probablement, maintenant je ne sais pas qui tu étais mais tu devais avoir assez de magie en toi pour qu’aujourd’hui tu sois assaillie par ce passé.

- Oui, d’accord, je comprends ce que tu veux dire, mais je n’ai rien demandé moi, j’étais presque pénarde après ses 3 ans de galère et vlan, je deviens le véhicule VIP des âmes du passé : youpi !

- C’est bien, au moins ça ne te fait pas perdre ton bel humour ! Est-ce que tu as déjà tenté l’hypnose ?

- Non, ça m’a toujours foutu la trouille… Pourtant on me l’avait conseillé pour arrêter de fumer, ce qui aurait pu être une bonne idée soit dit en passant, mais, je ne sais pas, j’ai toujours eu l’impression que j’allais y laisser quelque chose dont j’aurai besoin plus tard…

- Et bien, c’est peut-être aujourd’hui le « plus tard »…

- Dis, t’as pas faim ? Une p’tite crêpe, ça te dit ?

Je pensais que la crêpe ferait glisser la conversation sur d’autres sujets mais Victoria était complétement ailleurs, comme si de m’avoir vue dans un état de transe l’avait, elle aussi, emmené dans un autre espace-temps. J’interrompais sa silencieuse réflexion :

-          Tu veux un peu de cidre ma douce ?

-          Désolé, je suis complétement à l’ouest, oui merci… Tu sais, petite, j’ai été bercée par des histoires entourées de la magie d’Avalon, et j’ai juste l’impression qu’à ton contact, ces histoires prennent vie et c’est à la fois comme si j’attendais ça depuis longtemps et à la fois ça me terrorise, car à chaque fois aux forces du bien s’opposent les forces du mal…  

-          Vicky…

-          Non, ne m’interrompt pas s’il te plait. Lorsque tu étais inconsciente, dans ce que l’on va appeler un puits, ton corps a dégagé une lumière puissante et bleue, j’en ai été éblouie, j’ai réussi à te rattraper à temps mais en te tenant par la main, l’énergie s’est diffusée dans mon corps, et j’ai entendu la voix que tu entends…

-          Ah, et elle t’a dit quoi ?

-          Une voix douce et rassurante qui me disait d’avoir confiance, qu’aucun mal ne te sera fait car elle te protège… Et…

-          Et… ?

-          Et qu’il faut que je t’aide  à accomplir la prophétie…

-          Ok… Bon tu sais quoi ? On va se reposer un peu, j’ai besoin de digérer, et pas que la crêpe.

Cette fois-ci j’avais l’impression que les rôles étaient inversés. A mon tour de rassurer, de prendre soin… Curieusement je n’avais plus peur, et même l’envie de résoudre cette énigme. Après tout, je n’avais rien de mieux à faire et j’avais cette impression de ne pas avoir le choix, si je voulais avancer dans ma vie c’était par là que je devais passer ; une libération à la fin de cette épopée.

Nous avons pris place sur un banc de la citadelle, face au fleuve, je me sentais si bien, comme si j’étais à la bonne place, le soleil hivernal illuminait la Garonne de mille paillettes, comme si on les avait posées là pour moi…

Vicky s’était assoupie sur mon épaule, un oiseau perché sur une branche du grand chêne décidait que c’était le moment de nous proposer son meilleur concerto. Je me surpris à sourire, depuis combien de temps je ne m’étais pas sentie aussi  bien ? Trop longtempsquoiqu’il en soit…

L’équipe avait sécurisé le trou avec des bandes de plastique, d’un diamètre équivalant à celui d’un Homme.

Je jetai une pierre afin d’en connaître la profondeur… Etrangement aucun bruit ne nous parvint.

-          Il est soit sacrément profond, soit le sol est en mousse épaisse… Fais attention à toi me dit julien en m’aidant à m’équiper du baudrier.

Je le rassurai en ajustant ma lampe frontale, un dernier regard à Vicky qui s’équipait elle aussi pour me rejoindre dès que j’aurai descendu quelques mètres.

Je pris une grande respiration, et je m’engouffrai dans le trou. Ma lampe éclairant les parois, j’ai pu remarquer une sorte de petit escalier aux marches cassées ou usées par le temps. Ce passage à été emprunté suffisamment à une époque pour que l’on en ait facilité l’accès. En regardant au plus profond qu’il m’était possible d’atteindre, je vis une sorte de couleur verte, sûrement due à des émanations de la terre, cela arrive souvent.

Il y avait au moins 20 mètres à faire, je continuai a faire coulisser la corde doucement afin d’éviter tout éboulement autour de moi. Descendre en rappel me rappela des souvenirs d’enfance, lorsqu’en stage de spéléo j’avais décidé de me confronter à une descente compliquée pour mon niveau ! Mais plus têtue qu’une mule j’avais insisté…

Une pensée me vient en tête : tout ce qui a été fait dans mon passé n’était qu’une suite logique à ce qui se passe aujourd’hui, je devais avoir fait ces choses là pour découvrir aujourd’hui ce que l’on essayait de me dire.

Un frisson me parcourra tout le dos. Alors que l’air était vicié d’avoir trop été enfoui, une brise vint caresser mes cheveux… Je n’avais pas peur, juste le sentiment que l’on attendait ma venue… Que l’on me souhaitait la bienvenue.

J’atteignis enfin le sol, je failli être prise d’un nouveau vertige, l’endroit était rempli de magnétisme évident.  J’appelai Vicky pour lui donner le feu vert pour sa propre descente. Je détachai mon mousqueton, et avançai dans ce qui ressemblait à une sorte de grotte…

Un point lumineux dans le mur du fond attira mon attention, je décidai d’attendre Vicky ; si j’étais prise à nouveau d’une transe, sa présence n’était pas discutable, le danger pouvait être encore présent.

Vicky me rejoignit trois minutes plus tard, euphorique :

-           Tu as vu les marches ??

-          Oui répondis-je calmement

-          Ca va ?

-          Oui, regarde au fond de la grotte s’il te plait ma douce.

 

Les yeux de Vicky s’arrondirent comme des soucoupes.

-          Je rêve ou ce que je vois dégage une lumière ?

-          Non tu ne rêves pas, je la vois aussi et depuis que je l’observe sa lumière grandit, elle m’appelle…

-          Ah… Et bien si on allait à sa rencontre ? Je te laisse passer devant, mais sois prudente !

Je pris appui sur les pierres de toutes couleurs qui m’indiquaient le chemin le plus sûr pour atteindre notre but.

Plus j’approchai, plus la musique dans ma tête se faisait grande. Vicky m’interpella.

-Louanne tu entends cette musique ? Est-ce que c’est celle-ci qui hante tes rêves ?

- Ca me rassure que tu l’entendes également, et oui c’est bien celle-ci !

- Ca me rappelle vaguement quelque chose, je l’ai déjà entendue mais je ne sais fichtrement ni où ni quand…

J’étais arrivée devant une boule lumineuse, vacillant entre le bleu et le vert. J’approchai ma main. La boule se souleva dans l’air pour flotter au dessus de ma main et prendre une toute autre couleur, violette, elle devenait violette, c’étais un spectacle magnifique et à son contact je ne ressentis qu’amour et chaleur. Tout mon corps se remplissait de cette énergie…

Puis la boule se mit à vaciller et à s’ouvrir telle une fleur composée de 5 pétales. En son centre, le cœur était constitué d’une pierre aux multiples reflets, translucide tel un prisme, elle renvoyait la lumière …

Une voix douce résonna dans la grotte, elle provenait de Vicky que j’avais laissé à quelques pas derrière moi. Elle était immaculée, autour d’elle une aura blanche et un sourire à ses lèvres.

« - Aujourd’hui Louanne, tu es prête à connaître la vérité de ta naissance, de ta création. Il y a longtemps, en pays d’Avalon, naissait un enfant, cette enfant était la première descendante des grandes prêtresses d’Avalon. Elle était née de Merlin et de moi-même. La fée Morgane, c’est le nom que l’on me donne dans cette époque où tu vis…

Cette enfant n’était que lumière et amour, elle est tombée amoureuse d’un homme et a sacrifié ses pouvoirs pour vivre à ses côtés. En faisant cela, la lignée d’Avalon s’est éteinte mais le sang des druides a continué à couler et a perduré au fil des siècles. Aujourd’hui l’histoire recommence à nouveau et perpétuellement, car son sacrifice a inclus dans la boucle intemporelle des âmes qui se retrouvent à errer pour trouver la paix et à nouveau la lumière.

Tu es une de ses âmes Louanne, et nous mettons tous nos espoirs en toi afin que s’accomplisse la dernière prophétie, que ce cycle soit le dernier. Tu as le choix bien sûr de refuser, de passer ton tour, mais le temps presse et les ombres rodent. Peut-être que ce cycle est notre dernier espoir avant qu’il ne soit trop tard et que ces âmes soient à jamais perdues.

Voici, Louanne, la fleur d’Avalon. En son cœur tu trouveras la pierre de lune qui t’est destinée afin de t’aider à accomplir ce qui doit être accompli. Elle te donnera le pouvoir de certaines fées, le don de guérison et de clairvoyance. Si tu acceptes ce jour de réaliser le destin qui t’incombe aujourd’hui, enfile le collier. Ainsi tu seras liée à un serment de fidélité jusqu’à ce que ta mission soit accomplie. »

Vicky s’effondra sur le sol. L’aura qui l’entourait vint flotter au dessus de moi. Est-ce que j’avais vraiment le choix ? Quelle serait ma vie en sachant que la magie, que les légendes existent et que j’ai un rôle si important à jouer, bien que je n’ai aucune idée de comment réaliser le souhait de la Dame du lac…

Je pris la pierre de lune dans mes mains, la fleur disparut. J’enfilai le collier autour de mon cou.

J’entendis juste : «  Ainsi soit-il » puis toute la lumière disparut. Je couru rejoindre Vicky qui commençait à se réveiller, la pris dans mes bras et la berça jusqu’à ce que j’entende sa vraie voix : – que s’est-il passé ?

-          Chut chut, repose-toi d’abord, ensuite viendra le temps des explications…

 

 

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