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( 30 janvier, 2012 )

Chapitre 10

Chapitre 10

-    Debout ma belle, il est l’heure !

Son beau visage au-dessus du mien souriait doux et rassurant,  je la pris dans mes bras.

-    J’ai peur.

-    Il ne faut pas, il y a certainement un sens dans tout ça, même si il s’éloigne des sentiers battus. Quoiqu’il arrive je resterai auprès de toi.

-    Merci, j’ai toujours les yeux verts ?

-    Hum oui… Mais je trouve que c’est une couleur qui te sied à ravir !

-    Ha, ha, ha ! Remarque, j’ai toujours rêvé d’avoir des yeux clairs, mon souhait a été exaucé !

-    Allez ! Zou ! On se lève ! Il est 7h30 ! Café ?

-    En intraveineuse c’est possible ? D’ordinaire je me couche à cette heure-ci !

-    Et bien tu sais ce que l’on dit : l’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt !

Elle prit la couette pour la mettre au sol, afin que je ne me rendorme pas, la fraicheur du matin me fit frissonner.

Je me levai d’un coup, et pris un pull de Vicky qui trainait sur une chaise.

Je versai mon café dans un mug et allai retrouver Merlin qui dormait encore sur le canapé.

-    Non mais je rêve. Hors de question que tu dormes encore et moi pas ! Allez debout !

Le chien me sauta dessus, je sauvais de justesse mon café avant de me prendre une grosse lichette bien baveuse sur le nez !

-    Bon à savoir : Merlin n’aime pas être importuné dans son sommeil sous peine de représailles humides.

J’allumai mon portable : 2 textos de Constance et un appel en absence. Il est vrai qu’avec tout ça je ne lui avais pas donné de nouvelles depuis deux jours, normal qu’elle s’inquiète. Je rédigeai un petit sms :

«  Coucou Constance, ne t’inquiète pas, je ne suis pas morte,  je suis en voyage romantique avec Vicky, dès que je suis dispo je t’appelle promis ! »

J’avais besoin de l’éloigner un peu. En ce moment j’avais besoin de toute mon énergie pour comprendre ce qui m’arrivait et Constance n’avait pas besoin de savoir que sa pote étais en train de se transformer en x men.

J’écoutais mon répondeur, c’était Rose :

«  Ma fille, qu’est-ce qui se passe ? J’ai appelé au resto, on m’a dit que tu étais souffrante, rien de grave j’espère ? Rappelle-moi ! »

Là encore je choisis le texto plutôt que l’appel, pas possible de mentir à Rose même par téléphone, elle me connaît trop bien.

Vicky sortit de la salle de bain.

-    Tu as pris ton café ? Ca va mieux ?

-    Oui beaucoup mieux, je file à la douche, je peux t’emprunter quelques vêtements ?

-    Bien sûr ! Tu sais, j’ai bien réfléchi, le temps que toute cette histoire se calme tu pourrais venir habiter ici…

-    Laisse-moi réfléchir, je m’étais promis de ne plus revivre en couple pendant un moment…

-    Oui mais là ce n’est pas ce que je te propose, c’est une solution provisoire.

-    On en reparle ce soir ? Là, je n’ai pas trop la tête à ça !

-    Ok ok file !

Je sortis de la salle de bain. Vicky consultait ses mails.

-    J’ai une réponse concernant la phrase mystérieuse que tu as prononcée hier. J’avais envoyé à l’ami dont je t’ai parlé le son que j’avais pris avec mon Iphone. Voici sa réponse :

« Ma chère Victoria,

Heureux que tu sois devenue curieuse de la Bretagne et de sa langue car, en effet, ce que tu m’as fait parvenir est du vieux breton et, si je ne me trompe pas, voilà la traduction :

 » Depuis les profondeurs, la protectrice d’Avalon, de la forme originelle de l’eau, viendra libérer le secret ».

Je ne sais pas où, ni qui a pu te parler ainsi, cela ressemble à une énigme à résoudre et je serai curieux d’en connaitre la réponse, je sais que tu es une passionnée des secrets donc je ne me fais pas de soucis, tu trouveras!

Je te souhaite bonne chance dans ta quête.

Je t’embrasse.
                                        Erwan Magnus »

-    Depuis les profondeurs, la protectrice d’Avalon, de la forme originelle de l’eau, viendra libérer le secret. Mais ça veut dire quoi tout ce charabia ???

-    Viens, il est l’heure de partir, on cherchera dans la voiture ! Couvre-toi !

J’étais restée silencieuse jusqu’à ce que l’on atteigne les boulevards.

-    Bon, Avalon, je sais ce que c’est, c’est une île perdue, le royaume de la fée Morgane selon les contes et légendes du roi Arthur.

-    Oui tout à fait, d’ailleurs on pense que la légende trouve une réalité dans une île près de la Bretagne ensevelie par une montée des eaux.

-    Heu… Tu ne te trompes pas un peu de légende là, ce n’est pas celle d’Atlantis l’île perdue ?

-    Selon certains adeptes, L’Atlantide et non Atlantis serait enfaite l’île d’Avalon…

-    Tu m’en diras tant !

-    Bon décortiquons la phrase, tu veux ?

-    Ok, donc « depuis les profondeurs… »

-    Ça peut signifier, des souterrains, le fond de la mer ou de la terre.

-    Je ne sais pas trop pourquoi mais ça me fait penser plus à un puits

-    Une de tes visions ?

-    Ah parce que maintenant ce sont des visions ?

-    Oui, pour moi ce ne sont pas des rêves mais ça ressemble beaucoup plus à des visions.

-    Mouais, soit, passons, donc quelque chose de sombre, on est d’accord sur le concept, après ça dit quoi la phrase ?

-    « La protectrice d’Avalon », là ça semble évident.

-    Il s’agirait de Morgane ?

-    Peut-être pas. Morgane n’a pas été la seule à protéger le monde des fées, encore une fois selon la légende !

-    Ok ok, mais dans tous les cas il s’agirait d’une femme qui aurait des pouvoirs magiques.

-    On n’est pas dans un film ma belle ! Il faut faire attention, au Moyen Age il y’a certains phénomènes dit magiques mais qui aujourd’hui trouveraient une explication plus ou moins scientifique, notamment l’hypnose ou encore l’homéopathie !

-    Je trouve l’idée de la magie beaucoup plus fun !

-    Certes, « de la forme originelle de l’eau… » Là par contre je ne vois pas, une idée ?

-    Je ne sais pas, la pluie éventuellement ? Ou un lac puisque si mes souvenirs en physique-chimie sont bons l’eau se recycle ?

-    Mmhh oui, un lac serait alléchant, mais je ne vois pas le coté originel là dedans et si on trouve, on libère le secret si on se réfère à ce que tu as dis !

-    Oui enfin ce que j’ai baragouiné dans un état à moitié comateux !

J’en avais marre de réfléchir, cette maudite phrase qui se répétait en boucle dans ma tête, tout ça commençait à me rendre dingue.

Je mis en route le lecteur cd, du classique, la Norma, pourquoi pas après tout ?

Je posai ma tête contre la fenêtre, nous étions sorties il y a 5 minutes de l’autoroute. Des paysages vallonnés, des vignes… On était bien à la campagne, celle de mon adolescence. Je savais que l’on arriverait bientôt, on venait de passer Saint André de Cubzac.

Pourquoi l’envie de revoir les ruines du château avait été aussi forte ?

Je les connais par cœur, je ne vois pas ce que je pourrais y trouver de nouveau et qui puisse surtout répondre à mes questions.

Ma mère m’a toujours dit de suivre mon instinct…

Les remparts imposants de la citadelle nous faisaient face. J’ai toujours été impressionnée par les constructions de ce genre, les traces d’un passé dans les pierres.

Vicky me prit la main.

-    Tu te sens prête ?

-    Oui, à quoi ça je ne sais pas mais oui, allons-y !

Nous montons la côte du village de la citadelle, là où l’été travaillent le maitre forgeron ou encore le souffleur de verre pour montrer aux visiteurs les métiers d’autrefois.

Il était 9h, on n’était pas franchement en pleine saison et la citadelle semblait comme endormie.

Nous arrivons enfin près des ruines, Vicky me tendit un casque pour accéder au lieu des fouilles, je respirai un grand coup et la suivis.

Arrivée au pied du château je ressentis un picotement dans la nuque, je fermai les yeux et entendis cette fameuse mélodie, celle de mon adolescence, lors de ma première visite et celle de  mes rêves…

Une voix m’interpella : «  Louanne viens, viens suis-moi, je suis là »

Je ne pouvais résister à l’invitation, mes pas semblaientt prendre un chemin qui n’avait jamais été emprunté jusqu’à présent « suis-moi Louanne,  n’ait pas peur, viens » plus j’avançais plus la musique était forte… « Aide-moi Louanne, viens, suis-moi, avance ».

La terre sous moi se déroba, je sentis une main agripper la capuche de mon manteau.

-    LOUANNE !!! Réveille-toi !!! LOUANNE !!!

La voix de Vicky s’interposait avec celle de la dame…

-    LOUANNE, je ne vais pas tenir longtemps aide-moi !

Je sursautai, comme réveillée en plein cauchemar, le visage effrayé de mon amie tirant sur mon blouson pour ne pas que je tombe. Un trou énorme à mes pieds, j’agrippai la main qu’elle me tendait et remontai sur la terre ferme.

-    Putain de bordel de merde, qu’est-ce qui s’est passé!!??

Vicky reprenait son souffle difficilement.

-    Tu étais près de moi, je te menais à mon bureau au centre des fouilles et là tu as été comme en transe,  j’ai décidé de ne pas te couper dans ton élan, tu as marché pendant quelques minutes, puis tu t’es dirigée vers l’un des souterrains que l’on vient juste de trouver, et là, la terre s’est effondrée, j’ai réussi à t’attraper avant que tu ne tombes !

-    Je ne me souviens de rien, juste de la voix de la dame et de la mélodie dont je t’ai déjà parlé.
Je m’allongeai, besoin moi aussi de reprendre mon souffle. Qu’est-ce qui m’arrive ? Pourquoi à moi ?

Vicky se rapprocha du trou et le balaya de sa lampe torche.

-    C’est profond, je dirai 10 mètres au moins. Louanne, je pense que tu as trouvé le lieu de l’énigme ! Tu peux marcher ?

-    Oui.

Je me levai et regardai à mon tour le trou.

-    Vicky ?

-    Oui.

-    J’ai besoin d’un remontant !

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