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( 1 décembre, 2010 )

chapitre 6

-6-

 

Je suis réveillée depuis une demi-heure… Un léger mal de tête. J’essaye de réunir les morceauxde la soirée qui ont bien voulu rester dans ma mémoire.   

Après être sorties du Shine, Vicky m’a proposé d’aller chez elle. Sur le chemin, on n’a pas beaucoup parlé, pressées de rentrer au chaud et à l’abri de la pluie. Il se détachait de Vicky un parfum de mystère.  Elle m’a proposé de faire la course jusqu’à chez elle… Je savais d’avance que j’allais perdre, elle  piqua son 100m comme une gazelle. Elle rit de bon cœur de mon inaptitude à courir. 

Merlin est venu nous accueillir, un gentil boxer français. Il m’a fait la fête comme s’il me connaissait depuis toujours puis est allé ce recoucher dans son panier. Vicky m’a servi une vodka et est venue s’asseoir près de moi. 

Son appart était immense, avec des photos et des peintures partout. Une déco un peu bordélique où se mélangent ancien et moderne. Vicky m’a pris la main et m’a emmenée dans sa chambre. On a refait l’amour… Et on s’est endormies épuisées et rassasiées. 

Vicky est en train de rêver, elle marmonne des choses incompréhensibles. Je ne résiste pas à laisser ma main parcourir doucement son dos. Je la passe ensuite dans ses cheveux et dépose sur sa joue un baiser.  Elle ouvre un œil puis le referme. 

-          Il est quelle heure ? 

-          Je ne sais pas, j’ai pas de montre, je pense qu’il doit être 14h. 

-          Aïe ma tête ! Je hais les réveils de lendemain de cuite… Tu as bien dormi ? 

-          Oui … 

-          Tant mieux ! 

Elle se retourne vers moi et m’embrasse. 

-          Merci. 

-          Merci pour quoi ? 

-          Merci pour tout ce que tu m’as donné cette nuit. 

-          Bah tout le plaisir est pour moi. Ce n’était pas désagréable ! 

-          Ben j’espère bien ! Tu as faim ? 

-          Maintenant que tu le dis, oui !

Je récupère mes fringues qui étaient dispersées dans toute la pièce et je la suis dans la cuisine. Je m’assoie sur un des tabourets du bar, Vicky appuie sur le bouton de la Senseo 

-          Café ? 

-          Of course ! 

Elle se dirige vers sa tv, passe les chaines musicales en revue et se décide pour une chaine de musique classique. 

-          J’espère que tu n’es pas classicophobe, vu l’état dans lequel je suis c’est la seule chose que je peux écouter. 

-          Pas de soucis, je ne suis pas non plus assez en forme pour me replonger dans l’hard Tech, je te rassure ! 

Je tartine quelques tranches de pain grillé de Nutella, et Vicky s’assoie en face de moi. Je me sens bien avec elle. Je ne pense pas trop, son naturel me rend zen. Comme si tout ce qui s’était passé ces dernières heures était tout à fait normal ! Je m’attarde sur un cadre photo posé sur le bar. Une belle femme brune. 

-          C’est ma femme… 

-          Ah… 

-          Rassure toi, je ne suis pas de celles qui trompent, elle est décédée l’année dernière dans un accident de voiture… On allait se pacser. 

-          Désolée ! 

-          Non, ne le sois pas, c’est la vie. C’était son heure même si elle me manque. 

-          Je ne peux pas vraiment comprendre ce que tu viens de vivre mais oui je suppose que ça ne doit pas être simple à gérer ! 

-          Effectivement… Bon et toi tu es qui ? 

-          Oui j’avoue que l’on n’a pas eu trop le temps de faire connaissance vu que tu m’as sauté dessus avant même avoir pu échanger quelques banalités. 

-          Tu ne t’es pas fait prier bien longtemps non plus ! 

-          Ok, un point partout ! Tu te souviens de mon prénom au moins ?

Elle me jeta sa serviette à la figure. 

-          Ok ok ! Que veux-tu savoir ? 

-          Tu as quel âge, tu fais quoi dans la vie, est-ce que tu aimes les glaces à la fraise ? 

-          D’accord, et bien oui j’aime les glaces à la fraise, j’ai 30 ans et je viens juste de revenir sur Bordeaux, donc pas encore trouvé de taf. 

-          Tu cherches dans quoi ? 

-          Bah je n’y ai pas trop encore réfléchi… Je reviens de Paris après une histoire compliquée et… 

-          Stop, ne me dis rien, ça va encore être une histoire tordue de Lesbos next… Tu aimerais faire quoi ? 

-          Et bien j’ai des diplômes dans la com’ et la vente et j’ai un peu fait tous les petits jobs possibles.Tu es DRH ou  bien ? 

-          Non ! Mais j’ai un bon réseau d’amis qui font appel à moi quand ils cherchent quelqu’un ! 

-          Ok et toi tu fais quoi ? 

-          A la base je suis archéologue. 

-          Cool, mais pourquoi tu dis « à la base »? 

-          Parce que j’en ai eu marre de courrir un peu partout dans le monde sur des sites de fouilles, et avec Adelaïde on voulait construire une famille, donc je me suis recyclée dans la protection et la restauration du patrimoine français. 

-          Et ça consiste en quoi ? 

-          Eh bien là en ce moment je bosse sur la citadelle de Blaye. Pour faire court,  je restaure les ruines du château de Jauffré Rudel .  Tu connais Blaye ? 

-          Oui un peu, je suis allée à la citadelle pour un festival de théâtre y’a longtemps ! 

-          Yep, c’est un excellent festival. Tu joue ? 

-          A l’époque oui mais j’ai tout arrêté.

-          Dommage ! 

-          Ouais…  Et toi tu as quel âge ? 

-          35 ans. Oui je sais, je suis vielle. 

-          Mais j’ai rien dit ! 

Merlin que je n’avais pas encore vu vient à mes pieds, lorgnant sur ma belle tartine. 

-          Merlin on ne quémande pas ! 

-          Laisse, c’est normal, quoi de plus alléchant qu’une tartine de Nutella… Mais le chien pas de chocolat ! 

-          Tiens, donne-lui un bout de pain. 

Le chien avala en deux-deux son morceau de pain et gratta ma jambe dans l’espoir d’un deuxième. 

-          Merlin ! Ca suffit, va te coucher ! 

-          Pourquoi tu l’as appelé Merlin ton chien ? 

-          Parce que j’adore les légendes celtes et tout ce qui s’en rapproche de près ou de loin. 

-          Genre les druides, les fées et les magiciens ? 

-          Oui, je suis persuadée d’être une fille d’Avalon. 

-          D’accord ! 

-          Bon, je sais, dis comme ça tu dois te dire elle est barge celle-là, au secours, par où est la sortie. 

-          Oui un peu, mais je suis barge dans mon genre aussi… Donc une future prêtresse ? 

-          Ah tu connais un peu la légende d’Avalon ? Je suis en train de faire des recherches pour voir si je n’aurais pas des racines en commun avec la fée Vivianne … Non je te fais marcher là ! 

-          Ouf, là tu commençais à devenir inquiétante ! 

L’après-midi passa à une vitesse grand V, on a comaté sous le plaid, devant la tv. On s’est loué la Dolce Vita. Je me sentais bien avec elle, comme si on se connaissait depuis longtemps. Je commençais à partir dans une réflexion à deux balles lorsque Vicky me dit : 

-           Arrête ! Ne réfléchis pas, si tu es bien, c’est le principal ! 

Mais comment a-t-elle fait pour savoir ce qui se tramait en moi ? Serait-elle vraiment fille d’Avalon ? 

BIP BIP 

Texto de Constance : Coucou ma belle… Alors comment s’est passée ta folle nuit ? Je veux tout savoir !! Je t’embrasse. 

Coucou Constance, rencontre surprenante, nuit trépidante, je t’appelle dans la semaine, gros bisous. 

Vicky attira mon attention par un baiser dans le cou… 

-          Tu veux rester dîner ? 

-          Déjà ? Mais il est quelle heure ? 

-          19H 30 

-          Non, il faut que je rentre. 

-          Ok, je comprends, est-ce que tu veux continuer à me voir ou on en reste là ? 

Je réfléchis à la question, je m’étais promis de ne plus m’attacher à qui que ce soit, mais ce petit bout de femme m’intrigue … 

-          Je ne te demande pas en mariage, rassure-toi ! 

-          Désolée ! Oui, je veux bien continuer à te voir. Prends mon numéro ! 

-          Je suis contente. Tu me plais ! 

Je récupère mon cuir sur la patère, j’embrasse une dernière fois Vicky, une petite caresse à Merlin et me voilà dans la rue. 

Pour la première fois depuis mon retour, j’ai  le sentiment d’être enfin chez moi. Je ne sais pas si Vicky y est pour quelque chose, mais je me sens enfin libre. Je vois l’avenir beaucoup plus sereinement. Demain je commence sérieusement ma recherche d’emploi ! 

Le tram C arrive au même moment que moi sur le quai. Je vois la ville défiler devant mes yeux neufs… la ville est belle ! 

Je  rentre chez moi, j’ouvre la porte et, sur la table basse, un mot de Rose. 

«  Ma fille, j’espère que tu as passé un bon week end, je dois partir en déplacement la semaine prochaine, peux-tu me remplacer à la pizzeria ? Je t’embrasse.  Passe me voir demain. Rose » 

Un bon week end, du boulot pour la semaine prochaine, la roue tournerait-elle ? 

Tiens, envie d’un bon bain, rien de tel après un weekend de fiesta ! L’eau coule doucement, la mousse frémis, je dépose mon téléphone près de la baignoire. J’enlève mes vêtements et me glisse doucement dedans. 

Trop bon. Je regarde mon corps, amaigri depuis si longtemps par une hygiène de vie pitoyable, je déteste voir mes côtes transparaitre autant. Quant à mes seins, n’en parlons pas ! 

J’attrape le rasoir, petite retouche obligatoire pour ne pas ressembler à un yéti.  BIP BIP. 

Texto de Vicky : 

«  Je suis hs, je voulais te souhaiter une douce nuit avant d’aller me coucher, je suis heureuse de cette rencontre, j’espère que toi aussi. Je n’y croyais plus et tu es arrivée… Je sais que ce texto peut te faire peur, mais je suis comme ça, besoin de dire les choses. Je t’embrasse, prends soin de toi. Vicky » 

Peur moi ? Non jamais… Help !!! Bon, restons zen, Louanne tu es une grande fille, la madame elle ne va pas te demander en mariage, elle est juste ravie de cette rencontre… Et comme toi elle ne s’attendait pas à être surprise par une autre….  Bon une plongée en apnée s’impose … 

La tête immergée, j’entends mon cœur qui bat… Hey toi là, es-tu prêt à morfler de nouveau ? 

J’immerge, prenant mon courage à deux mains pour répondre à ma dame d’Avalon : 

«  Vicky, oui j’ai peur, peur de souffrir à nouveau, je ne sais pas si je suis prête à donner de nouveau, mais je suis partante pour me lancer dans l’aventure. Je t’embrasse et te souhaite une bonne  nuit ! Louanne. » 

J’appuie sur envoyer, pas de relecture de peur de changer d’avis. Je me détends petit à petit, mes paupières se ferment toutes seules…. 

Bip Bip 

Merde je me suis assoupie… Texto de Viky : 

«  A meeting is never coincidence, but one of destiny.” 

Je sors de mon bain, je me sèche, enfile mon peignoir… Je me fais couler un café, allume la Tv, NCIS : parfait ! Je m’allonge sous la couette… Je repense au dernier texto de Vicky… Elle n’a pas tort, rien n’arrive par hasard… J’espère juste que cette rencontre n’arrive pas trop tôt… Ludmilla est encore quelque part dans un coin de ma tête, prête à bondir. Mais pas ce soir. Ce soir je suis bien, et je matte la belle et génialissime Abby ! Je kiffe son gigantesque gobelet de café ! 

L’épisode se termine, et moi je commence à sombrer. J’éteins la tv, je mets un fond de jazz, comme à mon habitude, je n’arrive pas à m’endormir sans musique lorsque je suis seule… 

Morphée ne se fait pas attendre et m’enlève pour un voyage au pays des rêves… 

… 

«  freeeedoommm, freedommmm… » 

Ta gueule ! Je hais cette sonnerie ! Beaucoup trop violente. 11h… Mmmm, c’est qui la naze qui viens de me reveiller ? Constance…. 

BIP BIP 

Vous avez un nouveau message… 

Bon un café, une clope… J’écoute ma messagerie pendant que ma Senseo me délivre le précieux liquide… 

«  Louanne… Rappelle-moi, ça ne va pas du tout… » 

Ouch, ça sent la peine de cœur ! Louanne ouvre tes chacras ! 

Une sonnerie, deux sonneries : 

-          Constance je viens d’avoir ton message, qu’est-ce qui ne va pas ? 

-          Devine ? 

-          Chiara ? 

-          Gagné … 

-          Qu’est ce qui s’est passé ? 

-          Et bien hier soir elle m’a appelée, elle voulait que l’on se voit, son mec était en déplacement… 

-          Pff … Ca m’énerve… 

-          Juge pas tu veux. 

-          Mais je ne juge pas ! Je trouve juste ça complètement aberrant, tu sais que tu me donnes l’impression d’être son bouche-trou ? 

-          Oui, je peux comprendre que tu penses ça, mais ce n’est pas le cas ! 

-          Ok Ok, continue, donc vous vous êtes vues 

-          Oui on a été au cinéma et à la sortie, on est alléee se promener sur les quais, on était bien, comme d’hab, et j’ai craqué, jelui ai dit que je l’aimais et que j’avais envie d’être plus que son amante… Que vivre loin d’elle, de la partager avec un autre me devenait de plus en plus insupportable… 

-          Ah ben c’est bien ça, et comment elle a réagit ? 

-          Et bien elle m’a dit : « quitte-moi ! » 

-          Ok… sympa ! 

-          Oui n’est-ce pas… Je lui ai dit que je ne m’en sentais pas capable, que je l’aimais comme jamais j’ai aimé auparavant… 

-          Et elle a répondu quoi ? 

-          Elle s’est mise à pleurer… 

-          Ok. 

-          Et puis j’ai continué à crever l’abcès… Je lui ai demandé ce qu’elle ressentait pour moi, si elle envisageait un futur… Elle a eu du mal à calmer ses sanglots et a fini par me dire qu’elle m’aimait d’un amour plus fort de jours en jours, mais qu’elle a peur. 

-          Mais peur de quoi bordel de merde ???? 

-          Peur de ne pas assumer, peur de perdre ce qu’elle a construit, peur de perdre sa famille, ses amis… 

-          Mais c’est dingue ça, on est au 21eme siècle !! Etre homo c’est pas une condamnation ! 

-          C’est à peu de chose près ce que je lui ai dit… 

-          Et ? 

-          Et elle m’a prise dans ses bras, m’a embrassée et m’a dit qu’elle n’etait pas prête et elle a sauté dans un tram… Et j’ai plus de nouvelles depuis ! 

-          Aïe… Bon, t’inquiète pas, elle a peut-être besoin de réfléchir ! 

-          Tu crois ? 

-          Il faut croire ! Si tu commences à dire que c’est mort alors tu vas droit dans le mur ! 

-          Tu crois toujours en Ste Rita ? 

-          Oui pourquoi ? 

-          Tu veux bien faire une petite prière pour moi ? 

-          Ça marche ! Et je vais faire mieux encore, je t’invite à la pizzeria de Rose, elle me laisse son bébé toute la semaine, d’ailleurs faut que je me bouge, je dois passer la voir ! 

-          Ok, à quelle heure ? 

-          21h ! 

-          Ok, bisous ma caille ! 

-          Bisous poulette ! 

Constance et son don pour se mettre dans des histoires à la con ! Bon, en même temps je ne fais pas beaucoup mieux… J’aimerai bien la rencontrer cette Chiara … 

Une douche, je me refais une tête potable… Vicky… Je prends mon portable… Bonne journée ma demoiselle d’Avalon ! 

J’attrape mon sac et je file ! 

Deux étages plus bas j’arrive chez Rose. 

-          Salut ma rose ! 

-          Coucou toi ! Tu m’as l’air en forme ! 

-          Je le suis. 

-          Ouh toi tu as passé un bon week end ! Dans quel lit as-tu atteris ? 

-          Dans celui d’une demoiselle descendante des prêtresses d’Avalon. 

-          C’est quoi cette histoire encore ??? 

-          T’inquiète pas ma Rose, c’est une longue histoire qui n’a d’importance que pour moi. 

-          Bon bon, et tu vas la revoir celle-là j’espère ! 

-          Figure-toi que oui ! 

-          Ah, tu vois je te l’avais dit que tu arriverais à passer à une autre histoire ! 

-          Attends, ne vas pas si vite ! Elle me plait et m’intrigue beaucoup, mais on ne s’est vues qu’une fois… 

-          Elle fait quoi dans la vie ? 

-          Elle est dans les vieilleries. 

-          Antiquaire ? 

-          Non elle est archéologue. 

-          Ah c’est bien ça.

-          Yep… J’ai vu ton message, tu as besoin de moi ? 

-          Oui, je dois aller voir une cousine qui vit à Marseille, elle vient d’acheter un restaurant et a besoin de mon aide pour démarrer. Tu te sens capable de gérér ?

-          Oui bien sûr ! Comme au bon vieux temps ! 

-          Oui, comme au bon vieux temps. 

Quelques heures plus tard  me voilà à la pizzeria, rien n’avait changé, si ce n’est le personnel de salle, le bon vieux Louis était au fourneau… Vérifier la mise en place, le nombre de résa… Mon téléphone sonne. 

-          Oui ? 

-          Louanne, c’est Vicky, tu vas bien ? 

-          Oui bien et toi ? Tu as passé une bonne journée ? 

-          Oui, je suis encore à Blaye, je n’avais pas vu ton gentil texto. 

-          Ca ne fait rien ! 

-          Tu fais quoi là ? 

-          Je bosse 

-          Tu as trouvé du taf ? 

-          Oui et non, je remplace une amie qui tient une pizzeria à St Pierre. 

-          Ok, c’est bien ça…. J’ai envie de te voir, tu termines à quelle heure ? 

-          Pas avant 2h. 

-          Si tu veux viens… 

-          Je te tiens au jus, c’est pas l’envie qui me manque mais je ne sais pas dans quel état je vais être après la fermeture. 

-          Ok… 

-          Je dois te laisser Vicky, je t’embrasse ! 

-          Ok moi aussi, à toute à l’heure j’espère… 

-          Oui. Bye. 

A peine j’avais raccroché, que je regrettais de ne pas lui avoir dit « oui » tout court ! Pourquoi je suis si froide ? 

J’entend la porte d’entrée s’ouvrir … Constance. 

-          Salut ma caille ! Viens là toi ! 

Je la serre dans mes bras et elle craque. 

-          Ca va aller ne t’inquiète pas, Louis va te faire une bonne 4 fromages ! Louis !!! 

-          Oui ? 

-          Une 4 fromage pour Constance. 

-          Ca marche ! 

-          Merci Louanne… Pff je n’en peux plus ! J’ai pleuré et ressassé ma connerie toute la journée. 

-          Alors primo, tu arrêtes de pleurer, deuxio, c’est pas une connerie que d’exprimer ce que l’on ressent ! 

-          Certes… Mais le résultat c’est que je viens de la perdre. 

-          Mais non arrête ! Tiens, bois ça ! 

-          C’est quoi ? 

-          Un coktail made in Louanne. 

-          La vache ! Y’a combien de degrés dans ce truc ?

-          Mystère, ça va mieux ? 

-          Oui… Bon allez on arrête de parler de moi… Et ton week end ? C’est qui la fille de samedi soir ? 

-          Elle s’appelle Vicky, elle a 35 ans, un chouilla fantasque et très jolie. 

-          AHHH c’est cool. 

-          Elle fait quoi ? 

-          Elle est archéologue, et là elle bosse sur la citadelle de Blaye. 

-          Intéressante et cultivée en plus, que demande le peuple ? 

-          Bah pour l’insant rien ! 

-          Et vous êtes restées tout le dimanche ensemble ? 

-          Oui. 

-          Et tu t’es sentie comment ? 

-          Bien, incroyablement bien, c’est une fée. 

-          Une fée, rien que ça ? 

-          Oui, figure toi qu’elle pense être une descendante des filles de l’île d’Avalon ? 

-          Ah, encore une barge ! 

-          Ecoute pour le moment je ne pense pas… 

-          Tu vas la revoir quand ? 

-          Ce soir à la fermeture. 

-          Fais attention à toi ! 

-          Faut savoir, tu voulais que je me recase, c’est fait ! 

-          Oui, mais pas avec n’importe qui ! 

-          Certes. 

Tony nous apporte la pizza de Constance, au même moment les premiers clients arrivent. 

-          Je te laisse déguster tranquillement, je dois bosser. 

-          Oui, bosse feigniasse ! 

Le resto n’a pas désempli avant 1h du mat’, Constance est repartie avec le sourire, j’étais HS. Une fois le resto fermé, j’hésitais à rejoindre Vicky. Je la recherchais sur mon répertoire, si elle décroche j’y vais, si je tombe sur son répondeur je vais me coucher… 

Une sonnerie, deux, trois, quatre… 

«  Vous êtes bien sur le répondeur de Victoria, je ne suis pas disponible pour le moment mais n’hésitez pas à me laisser un message » 

-          Salut ma belle, je viens de terminer, je suis crevée, première journée de taf depuis un bail… Je ne passe pas ce soir, je t’embrasse et pense à toi. 

Elle a du s’endormir, je rentre à l’appart et m’écroule sur le lit, je ferme les yeux… une licorne m’apparaît…

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