( 16 décembre, 2010 )

Chapitre 7

-7-

 

Il est 14h lorsque j’ouvre les yeux. Un rayon de soleil traverse les volets … Je reste allongée. J’ai fait un rêve étrange. Je me trouvais dans une forêt, je portais une robe bleu pâle, mes cheveux étaient longs.   

Une licorne immaculée venait en ma direction au galop pour s’arrêter à un mètre de moi. Elle coucha une de ses jambes comme pour me faire une révérence. Je me suis approchée, elle s’est relevée et, de sa tête, m’a montré son dos. Elle s’est penchée à nouveau pour m’aider à monter. D’un pas lent elle m’emmena plus profondément dans la forêt. 

Nous sommes arrivées dans une clairière recouverte de petites fleurs blanches. Un dolmen au milieu surplombait un petit lac. La licorne se baissa, je descendis et la remerciai d’une caresse. 

Je m’approchai du lac… Une jeune femme aux cheveux longs et bouclésétait en train de s’y baigner. Son corps nu brillait comme si l’eau qui composait le lac était remplie de paillettes. Elle me vit, elle avait un visage doux. Elle ne me dit pas un mot. Elle s’avança vers moi. Je n’avais pas peur, je ressentais un étrange bien-être. Elle prit ma main et y déposa un médaillon… Elle referma mes doigts sur l’objet. Dans une langue qui m’était inconnue elle prononça un mot, me sourit et plongea dans le lac pour ne plus réapparaître… 

Je me suis réveillée à ce moment là…  Les rêves sont parfois étranges mais celui-ci avait quelque chose d’indéfinissable, je m’en souvenais si bien, les images étaient si nettes dans ma tête. 

Allez Louanne, passe à autre chose, ce n’est qu’un rêve ! Je remets le clic-clac en mode canapé, j’appuie sur ma senseo, l’odeur de mon premier café du matin est pour moi un moment sacré. J’enfile un gilet, les frimas de l’hiver commençent à se faire ressentir dans l’appartement. 

Je zappe sur toutes les chaînes, mon doigt sur la télécommande s’arrête sur la 5 qui diffuse un reportage sur la citadelle de Blaye, Vicky est en train de répondre aux questions du journaliste ! Non mais c’est quoi ce bordel ! Entre mon rêve et l’apparition soudaine de Vicky dans mon téléviseur, j’ai juste l’impression d’être dans un épisode d’X Files. 

-          Victoria, vous êtes mondialement connue pour vos recherches sur les tombeaux égyptiens, vos nombreuses fouilles, vous avez rapporté de véritables trésors aux musées nationaux, qu’est-ce qui vous motive dans votre recherche actuelle ? 

-          Et bien dans un premier temps pour des raisons personnelles j’ai voulu ralentir sur mes voyages et puis au bout de 10 ans de tombeaux j’avais aussi envie d’autre chose. Quand je suis venue m’installer dans la région bordelaise, j’ai découvert ce lieu. Lors de cette première visite je m’y suis sentie tellement bien que c’est devenue mon lieu de méditation. Il y a un an de cela, lorsque l’on m’a proposé de travailler sur la restauration du château de Jauffré Rudel, j’ai tout de suite accepté. 

  

-          Donc en quoi consiste votre travail ? 

-          Et bien, suivant les plans dont nous disposons avec de jeunes bénévoles, nous rebâtissons petit à petit les bases du château, parfois l’équipe découvre des objets de cuisine, des fers à chevaux, des instruments de musique. Je dois les archiver et les classer, puis transmettre le tout au musée d’Aquitaine 

-          On est bien loin des mystères égyptiens.. 

-          Dans l’imaginaire des gens les tombeaux égyptiens sont des lieux mystérieux et les archéologues leurs traducteurs, mais c’est restreindre l’image de ce métier. Pour moi, trouver une fourchette du 19eme siècle c’est tout aussi excitant que de découvrir une amulette de Toutankhamon ! 

-          Merci Victoria, on vous souhaite une bonne continuation. 

-          Merci Pierre. 

Le charme de Vicky était envoûtant, même à travers un écran. Ces yeux vert émeraude ne laissent personne indifférent. Le reportage continue avec des prises de vue de l’ensemble de la citadelle, puis le générique de fin arrive. J’éteins la tv.   

J’ai envie de lui parler, j’attrape mon téléphone. 

-          Vicky ? 

-          Oui Louanne, comment vas-tu ? Bien dormi ? 

-          J’ai fait un rêve étrange mais j’ai bien dormi, je viens de te voir à la tv. 

-          C’était quoi ton rêve ? 

-          Je te raconterai lorsque l’on se verra… 

-          Ok, tu as aimé le reportage sur la citadelle ? 

-          Oui, enfin je suis tombée pile poil sur ton interview, après j’ai pas trop écouté je t’avouerai 

-          C’est pas bien ! 

-          Non, me culpabilise pas, je viens juste de me reveiller. 

-          Je plaisante, je te ferai moi-même la visite un jour. 

-          Cool. 

-          On se voit ce soir ? 

-          Oui j’aimerais bien, hier tu n’as pas répondu à mon appel, tu devais dormir. 

-          Oui, je me suis assoupie, mais viens après le resto ce soir, je vais travailler tard à la maison, je t’attendrai. 

-          Ok, ça marche, je t’embrasse. 

-          Idem ma belle, bonne journée. 

-          Oui toi aussi ! 

J’allume mon ordi… « Vous avez un nouveau message » apparait, ça me fait toujours sourire, à chaque fois ça me rappelle le film avec Meg Ryan. Je clique dessus. Un mail de la petite Malou ! Oh trop bien : 

«  Coucou Louanne, 

Tu m’avais promis de m’écrire ! Bon, ce n’est pas grave, je te pardonne, tu dois être très occupée, c’est maman qui écrit parce que moi je ne sais pas bien. Mais elle écrit bien tout ce que je dis. Je suis bientôt en vacances et c’est surtout bientôt mon anniversaire. Je sais que tu es vieille mais est-ce que tu veux bien venir à ma fête ? On va tous à la patinoire, si tu veux tu peux venir avec une amie  pour pas que tu t’ennuies. 

Je te fais plein de bisous et je t’ai aussi fait un dessin. 

A bientôt j’espère ! 

Malou » 

C’est trop mignon ! Bon je suis vieille, ça c’est moins drôle ! Mais c’est touchant. J’ouvre la pièce jointe pour voir le dessin de Malou… Oh putain ! 

Non mais là c’est too much ! Une licorne dans une clairière avec des fleurs blanches ! Heu, je flippe tout de suite ou j’attends un peu ??? Ok, respire ma grande, c’est juste une coïncidence, juste une coïncidence ! 

Mon téléphone sonne, je sursaute, non mais tu te calmes oui ! 

-          Allo 

-          Coucou poulette ! 

-          Mlle Constance va mieux ? 

-          Oh que oui ! 

-          A ce point ? 

-          OUIII 

-          Ok, attends je sens que ça va être long, je vais me faire couler un café. 

-          Fais-en deux ma grande je suis en bas de chez Rose. 

-          Ah ok monte, mais je te préviens, je suis encore en pyjama ! 

-          Pas de soucis, à de suite. 

A peine le café de Constance était-il coulé que la sonnette de la porte d’entrée retentit 

-          Entre ma belle. 

-          Louanne !!! 

Un boulet de canon me sauta au cou.  

-          Nan mais t’es complètement folle ! Je me réveille à peine ! 

-          Oui je suis folle ! Folle de joie. 

-          Alors raconte-moi ! Elle est revenue ? 

-          Mieux que ça ! 

-          Elle est revenue et est repartie ? 

-          AH AH AH très drôle ! 

-          Bon tu accouches oui ou merde ? 

-          Alors hier soir lorsque je suis rentrée chez moi, j’ai trouvé une lettre scotchée sur ma porte d’entrée. Je l’ai ouverte… 

-          Oui c’est mieux pour lire. 

-          T’as mangé un clown toi ou bien ? 

-          Bien.

-          Bon tais-toi, laisse-moi finir. 

-          Ok ok, je ne dis plus rien, je t’écoute ! 

-          Donc je l’ouvre, une lettre de 3 pages de la main de Chiara, je me suis assise, j’ai ouvert une bouteille de vodka et rappatrié ma boîte de mouchoirs, au cas où… 

Constance fouille dans son sac pour en ressortir sa précieuse lettre. 

-          Tiens, lis moi ça, je suis trop émue, je pleure à chaque fois ! 

-          Ok. Allez donne ! 

«  Mon ange, 

 Je sais que tu m’en veux, et que tu dois souffrir de mon silence. » 

-           Non sans blague ! 

«  Mais j’avais besoin de prendre du recul. Tu as débarquée dans ma vie que j’avais si bien organisée, un petit mari, un appart, mon boulot, un long fleuve tranquille se dessinait devant moi sans aucun nuage… » 

-          Oh le truc chiant comme la mort, tu as bien fait de lui bouger son cul à celle-là. 

-          Louanne ! 

-          Ben quoi, c’est pas faux, ça me fait des frissons quand je lis ce genre de truc, une vie tranquille beurk ! C’est pire que la mort ! 

-          Pour toi, mais pour elle c’est quelque chose qui la rassure. 

-          Mouais, bon qu’est-ce qu’elle dit d’autre : 

«  Et puis j’ai vu ta frimousse, ton sourire, ta joie de vivre, ta folie douce aussi, et j’ai ressenti un pincement que je n’avais plus connu depuis mes amours d’ado. Ça ne pouvait pas être possible, ce que je pensais être une lubie de gamine me revenait en pleine gueule, je ressentais du désir pour toi.  Je me suis dit, lorsque l’on était en Espagne, pourquoi résister ? On est adulte, et puis ça sera juste l’histoire d’un soir, une amitié ++  Et puis, de retour à Bordeaux, je me suis rendue à l’évidence, j’avais beau aimer mon homme, je pensais à nos moments partagés… Sauter le pas, te revoir ? La trouille, peur de tout perdre, peur d’affronter les regards, peur de perdre ma famille… Oui, je sais, même avec une sœur lesbienne… Mais imagine deux ! Ca fait beaucoup ! » 

-          Je connais une famille où ils sont 3 et tous homos ! 

-          Là n’est pas la question, continue !!! 

«  J’ai été égoiste, je n’ai pensé qu’à ma gueule, en t’imposant mes règles, en te donnant une moitié de moi, tu me disais que ça allait, que ça te suffisait, que de toute facon une vie bien rangée n’était pas faite pour toi… » 

-          Ben voyons ! Non mais en plus elle enfonce le couteau dans la plaie, elle ne te ferait pas le truc à l’envers ? 

-          Attends, continues ! 

«  J’ai préféré te croire même si plus les jours passaient plus ton discours ne tenait la route, notre relation prenait une nouvelle forme, et je commençais à t’aimer autant que Søren… 

-          Il est suédois son mec ?? Il va finir kit ?… 

A la vue du regard foudroyant de Constance, je replonge dans ma lecture illico presto : 

«  Bien obligée de me rendre à l’évidence, je vous aime tous les deux. L’autre soir sur les quais tu m’as demandé de choisir… On y était, ce que je craignais le plus, j’ai fui… Je ne pouvais et ne voulais répondre à cette question, j’espère que tu as compris ma réaction… 

Je ne suis pas rentrée chez moi ce soir là, je suis allée prier… Prier pour que l’on m’indique le bon chemin… Le bon choix… 

-          Non mais excuse-moi Constance, mais c’est quoi ce spécimen que tu nous a dégoté ??? Depuis quand Dieu nous donne des réponses à nous petites lesbiennes ??? 

-          Ben tu pries bien Ste Rita ! Et je suis croyante aussi, on est plutôt mal placées pour critiquer, même si j’avoue c’est un peu déconcertant comme réaction ! 

-          Ste Rita, c’est pas pareil !!! 

-          C’est cela oui ! Bon allez, la suite ! 

«  Est-ce que j’ai trouvé une réponse ? Pas vraiment, sauf que je ne voulais pas vous faire souffrir, ni toi, ni Søren… J’ai appelé ma sœur et j’ai vidé mon sac, elle est passée par tout le stade, surprise, incompréhension, désolée de me voir dans une telle situation, et puis au final, m’a dit de vivre et d’arrêter de penser aux regards des autres ! 

 Que ma vie avec Søren n’était qu’une illusion d’optique et que je devrais vivre enfin ma vie sans penser au lendemain. J’ai raccroché et j’ai fait mon choix, je suis rentrée au petit matin, Søren dormait, je suis allée le réveiller, j’étais mal mais j’ai assumé ma décision, je lui ai dit que je le quittais, que je n’étais pas faite pour cette vie là… et que je m’en rendais compte bien tardivement… Il m’a pris dans ses bras, et m’a dit « je le savais, j’y ai cru moi aussi… » 

Je me suis coulé un bon bain, j’ai essayé de me détendre en espérant que tu comprennes, que tu ne sois pas amère de tout ce que je t’ai fait vivre ces derniers mois… Je suis sortie de mon bain, j’ai été dans la chambre d’amis… Et j’ai commencé à t’écrire… 

Je t’aime Constance et je suis prête à me donner entièrement à toi, à vivre à tes cotés tes joies comme tes peines… Mon ange veux-tu vivre avec moi ? 

Je t’embrasse. 

Chiara » 

-          Wahoo, il lui en a fallu du temps ! Mais quelle happy end ! Bon elle a pas intérêt à déconner après tout ça, sinon je lui refais le portrait à ta Chiara ! 

-          T’inquiète pas, je pense que cette fois-ci c’est la bonne ! 

-          Je l’espère. Bon et tu l’as revue du coup ? 

-          Oui, j’ai courru en bas de chez elle dès que j’ai eu fini de lire la lettre et elle est descendue, on s’est pris dans les bras, embrassé et j’ai dit OUIIIII 

-          Amen ! Enfin une belle histoire ! 

-          Ah si tu savais comme je me sens bien ! 

-          Tu m’étonnes ! Bon et quand est-ce que tu me la présentes cette demoiselle ? 

-          Et bien ce soir, si tu veux, on vient à la pizzeria.

-          Ok ça marche je vous réserve une table ! 

-          Bon faut que je file ! Je t’adore Louanne, tu le sais ça ? 

-          Oui je sais ! Allez file ! 

-          Bisous ! 

-          Bisous. 

Et vlan, ma porte avait subi elle aussi la tornade Constance ! Non mais pourquoi les lesbiennes sont toutes aussi barges ? Peut-être sommes-nous faites pour vivre en polaroïd, l’instantané, la passion sans la réfléxion ? 

Allez go, une douche et je me mets à bosser… Mes yeux s’arrêtent sur le mail de Malou… Je prends le temps de lui répondre : 

«  Coucou ma petite Malou, 

Désolée de ne pas avoir tenu ma promesse mais j’ai eu beaucoup de choses à faire. Merci beaucoup pour ton joli dessin. Pour ton anniversaire je ne sais pas encore si je pourrais venir … mais je vais tout faire pour être là.

Je te fais plein de bisous moi aussi ! 

A bientôt ! 

Louanne » 

Ma fin d’aprem fila à vitesse grand V, j’ai fait de la paperasse, puis la mise en place au resto, et attendu que les clients arrivent. 

Constance, le sourire jusqu’aux oreilles, me présenta la fameuse Chiara. Une très belle jeune femme, j’ai fait sa connaissance entre deux clients. Quand Constance m’a demandé mon avis, je n’ai pas pu lui avouer mon ressenti… Elle était certes charmante et intelligente mais encore trop coincée dans sa vie d’hétéro, connaissant mon amie, je pense que cette relation va connaitre certaines turbulences… Mais pourquoi lui gâcher sa joie ? Je me trompe peut-être ? 

La soirée continua sans encombres et par miracle j’ai pu baisser le rideau à minuit tapante… Je n’étais pas fatiguée et j’avais envie de bras chaleureux. J’ai appelé Vicky pour la prévenir de mon arrivée. Quelques rames de tram plus tard me voilà devant sa porte. 

Je sonne… 

-          Entre ! 

J’ouvre la porte, Merlin arrive en courant pour m’accueillir, ses petites pattes glissant sur le carrelage, et d’un savant dérapage, il atterrit direct sur mes bottes. Je me baisse pour lui faire une caresse et il me colle une grosse léchouille en retour ! 

-          Beurk Merlin, ce n’est pas très cool de la bave sur la joue. 

-          Surtout lorsque qu’après tu dois m’embrasser ! 

-          Salut toi ! 

-          Je suis heureuse que tu sois là ! Tu veux boire quoi ? 

-          Un chocolat tu as ça ? 

-          Of course ! 

Je suis Vicky dans la cuisine. Pendant qu’elle prépare le chocolat je la serre fort et lui dépose un baiser derrière l’oreille, elle se retourne et m’embrasse…   

-          Je pourrais y prendre goût, fais attention. 

-          A ce propos, j’ai garé mon camion de déménagement devant chez toi. 

-          Le cliché ! Non pitié pas toi ! Pas encore une lesbienne qui déménage dès le deuxième jour … Attends le 3eme ! 

-          Ah ah ah ! Non rassure-toi, ni le 3eme, ni le 4eme, ni le mois suivant, j’ai trop besoin de mon indépendance. 

Le lait commençait à frémir dans la casserole, Vicky rajouta le chocolat en poudre. 

-          Sérieusement Louanne tu conçois la vie de couple comment ? 

-          Et bien j’ai souvent réfléchi à la question… Pour moi l’idéal serait d’être en couple avec ma voisine de palier. 

-          Elle est mignonne ta voisine ? 

-          Heu non ma voisine à l’heure actuelle c’est ma maman d’adoption. 

-          Ta mère est décédée ? 

-          Non ! Mais ça fait des années qu’elle est partie vivre aux Etats-Unis et que je ne l’ai pas vu. Je l’ai de temps en temps au téléphone, pour les grandes occasions… Mais du coup Rose m’a pris sous son aile, c’est devenu, au fil des années, ma maman de substitution. 

-          Ok donc ta voisine de palier… Tiens bois tant que c’est chaud ! 

-          Merci, oui, ma voisine de palier… En gros ça serait d’avoir deux appartements, un à ma belle, l’autre pour moi, chacune son indépendance et son cocon et en même temps l’avantage d’ouvrir deux portes pour se voir, et choisir chez qui on dort…. Bon c’est peut-être un peu utopique, je n’ai jamais pu mettre en pratique mon idée. 

-          Moi j’adhère, je trouve que c’est l’idéal pour se protéger de la routine. 

-          C’est le but en tout cas… Après c’est sur que ça rajoute des frais mensuels… Mais bon on n’en est pas là hein ? 

-          Non rassure toi ! Bon as-tu passé une bonne journée ? 

-          Et bien ma foi oui, bien qu’il me soit arrivé des petites choses étranges ce matin. 

-          Ah bon ? Raconte-moi ! 

-          Et bien cette nuit j’ai fait un rêve particulier, j’étais dans une forêt, une licorne m’a pris sur son dos, m’a emmenée dans une clairière avec plein de petites fleurs blanches, il y avait un lac aussi, et dans le lac une belle femme qui se baignait… 

-          Plutôt agréable ton rêve ! 

-          Oui, je me sentais bien, la jeune femme s’est approchée de moi et m’a donné un médaillon, et a dit un mot que je n’ai pas compris. 

-          Ca ressemblait à quoi ? 

-          Impossible de te dire, c’était dans une langue qui m’était familière mais pas connue, une drôle de sensation. Et puis après elle a replongé dans le lac, puis je me suis réveillée.  

-          Ce n’est pas tellement étrange… 

-          Enfin tu m’excuses, mais une licorne, une fille qui se baigne à poil et qui me donne un médaillon en parlant une langue inconnue, y’a moins bizarre quand même ! 

-          Je te l’accorde, mais j’ai des rêves un peu space moi aussi donc c’est pour ça que ça ne doit pas trop me choquer ! 

-          Ouais et le truc qui m’a fait flipper c’est lorsque j’ai relevé mes mails… 

-          Ah ?

-          Oui, il y’a quelques semaines, quand j’étais dans le train, j’ai rencontré une petite fille, Malou, et sa maman. Elle m’a bien remonté le moral. Et ce matin la petite m’a envoyé un mail pour m’inviter à son anniversaire et m’a offert un dessin. 

-          Oh c’est trop mignon ! 

-          Oui mais attends, le truc de dingue c’est que le dessin représentait la même licorne et la même clairière aux fleurs blanches que dans mon rêve ! 

-          Ok, là j’avoue ça commence à devenir sympa comme histoire. 

-          Ah bon, tu ne trouves pas ça flippant ? 

-          Non, je te rappelle que je reviens de 10 ans de fouilles de tombeaux Egyptiens et que je suis aussi une amatrice de culture celtique… Et ton rêve me parle beaucoup, je ne sais pas encore ce qu’il veut te dire mais c’est évident il y a un message derrière qui t’est destiné. 

-          Arrête, tu me fais flipper là ! 

-          Faut pas ! Par contre si tu refais un rêve étrange je veux que tu m’en parle le plus rapidement possible ! 

-          Je ne souhaite pas vraiment refaire le même rêve, c’est trop flippant, mais bon promis si ça se reproduit je te le dirai. 

-          Ok, excuse-moi, je dois finir le travail sur lequel je planchais avant que tu n’arrives. Je pensais que tu quitterais ton travail plus tard. 

-          Je peux partir si je te gêne ! 

-          Ne sois pas stupide ! J’en ai pour un quart d’heure maximum. 

-          Ok, je peux te regarder bosser ? 

-          Ça ne me dérange pas, assieds-toi près de moi. 

Je m’assois, Vicky est en train de plancher sur des vieux documents et des plans des souterrains de la citadelle construite par Vauban. Elle est en train de voir quelle parcelle de ces fondations seraient les plus intéressantes à fouiller et ainsi éviter de perdre trop de temps à la reconstruction des ruines. 

La lumière tamisée de son halogène mettait en valeur ses mèches blond vénitien, tirant presque sur le roux… D’un geste de la main elle remettait toutes les minutes une mèche rebelle derrière son oreille, elle était magnifique, j’aurais pu passer des heures ainsi.   

Vicky relève la tête de ses notes : 

-          Ca y est, j’ai terminé, tu vois ce n’était pas si long ! 

-          Non, tu peux continuer si tu veux, j’aime te regarder bosser ! 

-          Merci, mais travailler plus pour gagner plus, très peu pour moi. 

-          Idem ! On se regarde un dvd ? 

-          Oui pourquoi pas ! Avec ton chocolat chaud tu m’as fait penser à un film que j’adore avec Juliette Binoche. 

-          Le chocolat ? 

-          Oui ! Tu connais ? 

-          C’est un de mes préférés ! Andiamo pour le chocolat.

Nous nous installons sur le canapé, un bon plaid sur nous, j’enlace ma belle près de moi et Merlin vient s’installer à nos pieds. Selon Vicky il adore ce film… 

A la moitié du film, Vicky dormait, Merlin ronflait et j’avais tout sauf envie de les réveiller, j’étais bien là. Je fermais les yeux… Il fallu peu de temps pour que Morphée me prenne à son tour… 

2 Commentaires à “ Chapitre 7 ” »

  1. Roméo dit :

    A quand la suite?!?!

  2. Bientôt Roméo! beaucoup de travail et d’occupation en ce moment…;)

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